jeudi 20 août 2015

L'île au trésor

Partir à l’aventure sur un bateau vers des contrées lointaines, se retrouver sur une île déserte… Qu’est-ce qu’il pourrait bien manquer pour correspondre parfaitement au folklore des histoires de pirates ? Mais le trésor bien entendu !


Depuis quelques années, il est devenu traditionnel que les jeunes scientifiques qui séjournent sur l’île d’Amsterdam organisent une grande chasse au trésor pour l’équipe qui viendra les relever l’année suivante. Tout commence avec une lettre obscure contenant un message caché. Ce message renvoie à un lieu où attend une nouvelle énigme à résoudre…  C’est ainsi que la chasse au trésor avance au fil des mois, d’énigmes en indices, en mettant à l’épreuve notre connaissance de l’île et notre capacité de réflexion.


Au-delà de son aspect ludique, cette chasse au trésor permet de souder le groupe et est surtout un prétexte pour explorer les moindres recoins de l’île et découvrir ses secrets. On pourrait bien entendu philosopher sur la véritable nature du trésor qui est révélé par cette chasse. Combien de curiosités cachées et de petits coins de paradis aurions nous ratés si nos prédécesseurs ne nous y avaient pas attirés? Il faut cependant avouer qu’après plusieurs mois d’hivernage,  une caisse remplie de bonbons, de chocolat et de cacahouètes à plus de valeur que les coffres pleins de pièces d’or des pirates d’antan.


En savourant le trésor, nous  remercions chaleureusement nos prédécesseurs d’avoir organisé ce grand jeu de piste qui nous a occupés pendant plusieurs mois, et nous réfléchissons déjà aux énigmes que nous allons pouvoir laisser aux prochains VSC.



 
Olivier
VSC pirate des Australes

samedi 8 août 2015

Le sauvetage d’une espèce en danger

Depuis peu sur notre district de St Paul et Amsterdam, de drôles de choses se trament. Deux à trois journées dans le mois, un petit groupe de 5 personnes (qui ne sont pas toujours les mêmes d’ailleurs) mené par un petit bonhomme vert s’éclipse au petit matin avec un tracteur équipé d’une remorque pour ne revenir qu’en début d’après-midi. Mais que se passe-t-il donc ?


Et bien après enquête, il est apparu que ce petit groupe, ces agents des espaces verts, ces brigadiers de la mousse, ces protecteurs de la verdure d’Amsterdam, partent sauver en ces jours particuliers une espèce en danger qui n’est autre que le Phylica arborea.


Après avoir frôlé l’extinction pour diverses raisons (prélèvements de bois par les bateaux depuis le 18ème siècle, incendies, impact de la présence  de bovins de 1871 à 2010…), une première tentative de reboisement de l’île a été effectuée à la fin des années 80/début des années 90. Après une nouvelle période de creux, c’est la Réserve Naturelle (RN) des TAAF qui a repris le projet de protection et de réimplantation des Phylicas, seul arbre endémique des TAAF.

Aujourd’hui c’est Arnaud, notre Park Ranger, agent RN, et son équipe de jardiniers de l’extrême qui mènent des campagnes de plantation pour aider ces chers Phylicas à repeupler l’île.


Cette année, la bataille se déroule du côté du cratère Antonelli. Elle a débuté en juin dernier et  durera tout l’hiver jusqu’en septembre/octobre afin de profiter des journées de pluie hivernales. Plus de 500 plants de Phylicas sont prêts à être mis en terre par nos vaillants soldats de la nature. Ils ont commencé leur œuvre en les plantant à l’abri d’une coulée de lave peu profonde, de telle manière qu’ils soient protégés du vent mais pas trop quand même car un peu d'exposition favorise leur résistance face aux intempéries.


Sur place, le combat est difficile. Décharger le tracteur, porter les Phylicas jusqu’au spot de plantation, creuser, sortir le pied de son pot, planter, pailler… Le Park Ranger ne ménage pas sa fine équipe et ponctue même ses allées et venues d’une « inspection surprise ! » pour ne laisser place à aucune erreur de stratégie.



Heureusement, il sait aussi quand récompenser ses guerriers arboricoles. Après s’être bien débattus, un barbecue, précédé d’un petit apéro, est organisé et chacun peut se réchauffer et se remplir l’estomac comme il lui convient.



Après un bon repas, il est temps de retourner au bercail. Oui mais pas pour tout le monde ! Les jeunes Phylicas ne sont pas abandonnés à leur sort après avoir été plantés. Non contents de déjà porter un numéro, ils sont notés et répertoriés par géolocalisation GPS. De cette façon, il sera plus facile de les retrouver et de suivre leur évolution dans le futur. La plupart du temps, c’est Arnaud lui-même qui s’y colle mais de temps en temps, il arrive également de former une recrue pour le job. 


Et voilà, vous savez tout. L'île d'Amsterdam est aussi peuplée de héros qui aident à la restauration des forêts d’antan. Enfin, surtout rappelez-vous du dicton : « Qui plante un arbre n’a pas totalement raté sa vie ! ».  Il y en a plus d’un qui se l’est remémoré avant d’accepter la mission !

                                                                                                                                     Joyce
                                                                                                                           Jardinière australe