lundi 28 décembre 2015

La fête de la liberté

Le ciel, le "soleil" et la mer
(photo : Nicolas A.)




En ce dimanche 20 décembre (20 Desamn), l’île d’Amsterdam n’oublie pas les liens forts qu’elle entretient depuis longtemps avec une autre île de l’Océan indien, même si distante de plus de 2880 km : l’île de la Réunion.

Afin de célébrer dignement la fête réunionnaise de la liberté (également appelée fête Kaf’), jour férié qui commémore depuis 1981 la proclamation de l’abolition de l’esclavage à la Réunion par le gouverneur J. N. S. Sarda Garriga le 20 décembre 1848, les couleurs réunionnaises sont hissées tôt ce matin dans le ciel bleu d’Amsterdam (en ce début d’été, le soleil se lève dès 4 h 20 sur la base).











Préparation du rougail z'andouilles et du carry d'espadon (photo : Nicolas A.)


Puis nos camarades réunionnais du service « infra » (pour infrastructures, c'est-à-dire l’entretien et la rénovation des bâtiments et voiries) entreprennent la cuisson d’un alléchant « rougail z’andouilles » et d’un sympathique carry d’espadon au barbecue. Notre chef Francis élabore quant à lui son traditionnel punch (à base de rhum Charrette* bien entendu) et quelques desserts !





Grâce à un temps superbe, toute la mission peut alors déguster ces spécialités dehors tout en écoutant quelques morceaux de maloya et de séga, et en se désaltérant avec quelques dodos* (bière réunionnaise) ou de l’eau minérale de Cilaos.

Déjeuner en plein air devant le Skua (photo : Nicolas A.)

Après-midi détente pour poursuivre la fête : pétanque, partie de pêche, baignade à la cale parmi les otaries et les sternes…

Panorama de la cale - version baignade (photo : Clément G.)

Ainsi s’est achevée la campagne d’été 2015 sur le district, juste avant l’arrivée du Marion Dufresne le 23 décembre.

Joyeuses fêtes de fin d’année à toutes et tous et à l’année prochaine !


(*) : à consommer avec modération bien entendu !

mercredi 16 décembre 2015

Ambiances sonores de bord de mer


Les otaries à fourrure subantarctiques (arctocephalus tropicalis), mammifères marins emblématiques du district, sont plus de 50 000 sur l'île d'Amsterdam, où elles vivent sur toutes les côtes rocheuses qui le permettent, en particulier autour de la base (et tentent même parfois quelques incursions dans la base !). Le mois de décembre est une période de forte activité dans les colonies d'otaries : constitution de harems de femelles autour des mâles dominants, reproduction et naissance des jeunes otaries (appelées pup's). Ce qui frappe les visiteurs et les hivernants à cette période est le vacarme intense qui émane des colonies en bord de mer : une grande diversité de cris, de grognements et de plaintes retentissent ainsi nuit et jour, couvrant même parfois le bruit du vent ou des rouleaux qui se jettent sur les rochers. 

Nous vous proposons donc, dans cet article, de partager avec vous ces ambiances sonores qui animent notre quotidien !

Dialogue entre une femelle et son petit


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Photo : Hélène LB. - Son et montage : Jean-Charles B.

La reconnaissance entre la femelle et son petit, au sein de la colonie, se fait vocalement. La femelle appelle le petit qui lui répond, ce dernier la guide ainsi jusqu'à lui. 



Mâle 


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Photo : Laurent S. - Son et montage : Jean-Charles B.


Le mâle, venu pour la période de reproduction, marque aussi son territoire vocalement, faisant ainsi entendre aux importuns que le terrain est déjà occupé !

Bébé otarie (pup's)


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Photo : Hélène LB - Son et montage : Jean-Charles B.

Malgré les apparences, il n'y a vraiment pas d'agneau sur cette île !


Concert à plusieurs voix (colonie de Ribault)


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Photo : Clément G. - Son et montage : Jean-Charles B.

Pour terminer, maintenant que chacun sait reconnaître sans se tromper le mâle, la femelle et le pup's, voici un petit concert symphonique enregistré à Ribault, sur fond de bruits de vagues (Ribault est un site côtier abritant une colonie d'otaries, et parfois quelques gorfous, situé à une quinzaine de minutes de marche à l'est de la base ; c'est un lieu de détente apprécié pour pêcher, pour passer la nuit dans la cabane du même nom, ou tout simplement, pour venir écouter des mélodies animales !). 


lundi 7 décembre 2015

Quatre Nicolas et un gorfou en pain d'épices !

La campagne d’été (décembre) a débuté à Amsterdam avec le passage du Marion fin novembre, de nouveaux hivernants et campagnards scientifiques nous ont rejoints pour quelques semaines ou quelques mois, et nous sommes désormais 33 résidents sur le district.

Fait assez inhabituel pour être souligné, avec les nouveaux venus, 15 % des hommes présents portent le prénom de Nicolas ! Pas toujours facile de s’y retrouver dans les plannings et les feuilles de sorties sur le terrain, quand on a seulement la mention d’un « Nico » inscrite pour tout indice ! Heureusement, ils occupent des fonctions différentes sur base, ce qui permet de les différencier.

Gorfou en pain d'épices (photo : Nicolas A.)
Ainsi, en ce dimanche 6 décembre, jour de la Saint-Nicolas, il fallait quand même marquer le coup ! Les Nicolas ont donc entrepris de réaliser pour le soir des pains d’épices maison, sous la houlette d’un Olivier plus expérimenté qu’eux dans le domaine de la pâtisserie, et avec l’autorisation du chef de cuisine d’utiliser le laboratoire.

Cette tradition du Nord-est de la France et d’Europe du Nord a été cependant légèrement détournée puisque à côté du classique bonhomme en pain d’épices est sorti du four un gorfou sauteur plus typique des contrées subantarctiques que de la Lorraine !

Nicolas le chimiste, Nicolas le médecin, Nicolas l'ornithologue et Nicolas le chef de district
(photo : Olivier L.)


dimanche 6 décembre 2015

Plantation exceptionnelle d’un jeune phylica à BMG !

L’île d’Amsterdam est célèbre dans toutes les T.A.A.F., et bien sûr au-delà,  pour un fait bien particulier parmi tant d’autres : elle est la seule île des Australes sur laquelle pousse spontanément un arbre, le Phylica arborea.


Rameau de phylica (photo : Nicolas A.)
Cet arbre de la famille des Rhamnacées a néanmoins bien failli disparaître, essentiellement à cause de la pression humaine, c’est pourquoi il fait l’objet depuis plusieurs années d’un programme de conservation. Les agents de la réserve naturelle produisent annuellement plusieurs centaines de plants sur base, en pépinière,  à partir de graines récoltées méticuleusement dans le milieu naturel.  Ces plants sont ensuite installés dans les secteurs de l’île les plus favorables au développement de l’espèce. La campagne hivernale de plantation 2015 s’est achevée courant novembre avec plus de 680 jeunes plants supplémentaires mis en terre grâce à l’aide de nombreux volontaires, qui accompagnent les agents de la réserve dans leurs tâches.









Madame le Préfet recevant un phylica d'Amsterdam
des mains du chef de district (photo : Ségolène D.)
A l’occasion de sa seconde visite sur le district lors de l’escale du Marion Dufresne fin novembre (opération logistique de ravitaillement dite OP3),  Madame le Préfet s’est vue offrir par les hivernants un produit typiquement local : un plant de Phylica tout droit sorti de la pépinière ! Or, comme la réglementation de la réserve naturelle interdit toute exportation de végétaux, y compris quand il s’agit d’un cadeau à une invitée de marque, il lui a été proposé en conséquence de contribuer elle aussi au programme de restauration du phylica dans son milieu naturel en le plantant le lendemain dans un très beau site côtier de l’île, où se trouve déjà de vigoureux phylicas bientôt adultes : le site des falaises de BMG (nommé ainsi, soit disant, d’après les initiales d’anciens hivernants qui affectionnaient cet endroit, mais plus personne aujourd’hui sur base ne saurait dire exactement  à quels prénoms elles correspondent !).   


Etiquette du pot de phylica, créée pour l'occasion (Nicolas A.)




C’est ainsi que le lendemain, sous un beau soleil et au terme d’une marche vivifiante sur les chemins vallonnés de l’île, Madame le Préfet, accompagnée par Arnaud, agent de la réserve, a clos très officiellement la campagne de plantation 2015, après avoir dépoté, mis en terre et arrosé le phylica  qui lui avait été remis la veille, laissant ainsi sur le terrain une preuve discrète de son deuxième séjour à Amsterdam …

Madame le Préfet, Arnaud et le phylica planté à BMG (photo : Ségolène D.)

lundi 16 novembre 2015

Amsterdam, loin des yeux mais pas du coeur ...

Réunie au centre de la base, la mission 67 a respecté, ce lundi 16 novembre à midi heure locale, une minute de silence en hommage aux victimes des attentats à Paris et Saint-Denis.

Photo : Gil A.


Malgré la distance physique qui nous sépare de notre capitale Paris et le fait que nous vivons ici relativement préservés de la violence du monde extérieur, nous sommes tous, ici aussi sur le district de Saint-Paul et Amsterdam, profondément affectés par les attentats de la nuit du 13 novembre et leur terrible bilan en terme de victimes, décédées ou blessées.

En cet instant, nous pensons bien sûr à leur familles, à nos familles et amis parisiens, à nos collègues de l'antenne du siège, à tous nos compatriotes. Nous nous associons à leurs peurs et leurs douleurs. Nos valeurs républicaines telle que la liberté et la fraternité ont été attaquées. Par ce rassemblement aujourd’hui au pied de notre drapeau, nous montrons notre attachement à ces valeurs, notre solidarité avec la nation, notre détermination face au terrorisme et notre compassion envers les victimes et leurs proches ...

dimanche 1 novembre 2015

La relève

Résumé des épisodes précédents : voilà plus d’un un mois que la relève de la 66ème mission est arrivée sur la base Martin-de-Viviès, à bord du Marion Dufresne, après un long périple de trois semaines à travers l’océan austral et les autres districts des TAAF. La 67ème mission a donc débuté le 25 septembre avec le débarquement de treize nouveaux hivernants et le départ de douze membres de la 66ème mission. Huit anciens hivernants de la 66ème mission restent sur place et facilitent ainsi grandement la transition, ils partiront lors des dernières relèves de novembre (médecin) et décembre (scientifiques et agent de la réserve naturelle). 

L’escale du bateau a duré 48 heures, mises à profit par les deux missions pour faire le tour de la base, se transmettre les différentes consignes, faire le point sur les dossiers en cours et partager aussi des moments de convivialité. Après les traditionnels adieux emprunts d’émotion, le Marion appareille vers la Réunion sous le soleil, laissant la toute jeune mission 67 face à elle-même et à ses responsabilités !
Nicolas A. - Disams 67

Le départ de la mission 66 à bord du Marion Dufresne (photo : Clément G.)


Le témoignage d’Olivier, nouvel agent de la réserve naturelle


Un mois après l’accueil chaleureux réservé par la mission 66 à la nouvelle équipe formant la mission 67, chaque nouvel arrivant trouve petit à petit sa place au sein de la base Martin-de-Viviès avec motivation et bonne humeur. Seules les habitudes de chacun peuvent encore trahir son appartenance à l’une des deux missions. Il semble que, toutefois, les premières « manips » (sorties de terrain hors de la base, à but professionnel ou de loisirs) organisées contribue à créer une cohésion grandissante entre les 21 habitants d’Amsterdam.
 
La population d’Amsterdam au grand complet (en octobre 2015) - (photo : Gil A.)


Les premières « manips » sur le terrain : moments forts de cohésion entre les missions 66 et 67


Ainsi, par groupe d’au moins trois personnes (pour des raisons de sécurité), les sorties hors base permettent à la 66 de faire découvrir à sa relève les multiples beautés que peut révéler l’île. Les anciens promènent ainsi les nouveaux d’un bout à l’autre de l’ancien volcan en détaillant sur le chemin les histoires et anecdotes des lieux traversés.  

Surplomb des tourbières du sommet de l’île par le flanc est (photo : Olivier G.)

Malgré les prévisions météorologiques, le temps peut changer très vite au cours de la journée d’une part et en fonction de l’endroit où l’on se trouve d’autre part. D’un soleil radieux sur base, on se retrouve dans la grisaille de l’autre côté de l’île et inversement. C’est alors avec une confiance aveugle que la mission 67 se laisse guider à travers l’épaisse brume du Plateau des Tourbières.

Marche sur le Plateau des Tourbières (dans le cadre d’une manip scientifique) - (photo : Olivier G.)

Puis vient le jour où la 67 prend les devants en organisant ses premières excursions ! Demandeurs récurrents de travailleurs volontaires pour les accompagner, les deux agents de la Réserve Naturelle (binôme mixte entre missions 66-67) organisent plusieurs sorties dans différents coins de la zone nord de l’île : ils sont alors suivis aussi bien par les nouveaux arrivants que par les « vétérans » et initient les courageux au programme de restauration de l’arbre emblématique des TAAF : le Phylica arborea. Les plus vaillants (et les plus chanceux) participent même à la première plantation de la mission 67 !

Travaux de plantation de Phylica arborea à proximité de la base (photo : Gil A.)


Olivier G., agent de la réserve naturelle des TAF à Amsterdam

Conclusion de cet article : à l’issue de ce premier mois de cohabitation, merci aux anciens de la mission 66 pour leur accueil, leurs conseils et leur soutien dans la mise en place de la mission 67. Nous espérons partager encore d’autres bons moments de convivialité et de découvertes pendant les deux mois qu’il nous reste à vivre ensemble sur cette île !

Convivialité autour d’un barbecue à la cabane Mataf (photo : Nicolas A.)

samedi 19 septembre 2015

Amsterdam, une île chargée d’histoire !

En flânant un peu dans les alentours de la base Martin de Viviès, on peut découvrir d’étranges inscriptions gravées dans la roche volcanique.

Ces pétroglyphes, comme les nomment les historiens, sont de vrais témoignages du passé et derrière ces inscriptions se cachent de véritables aventures humaines. Elles nous renvoient à une époque où les conditions de vie sur l’île étaient bien éloignées de celles de nos missions actuelles.

La plus vieille pierre gravée remonte à 1819 et fait état du passage de chasseurs d’otaries sur l’île en pleine période d’exploitation. Durant ces années, l’ouverture d’un marché chinois pour la fourrure de cet animal a bien failli causer sa perte. On estime à environ 150 000 les individus exterminés sur les îles Saint Paul et Amsterdam entre 1789 et 1835.

Ancien point d'eau surplombé d'une dalle où l'on peut encore retrouver de nombreuses inscriptions


À l’entrée de la base, on trouve une grande dalle gravée avec des inscriptions en anglais  nous racontant une aventure hors du commun. En effet, un navire phoquier, le "Princess of Wales", a coulé lors d’une tempête dans l’archipel de Crozet en 1821. Quelques naufragés ont réussi à survivre deux ans dans l’archipel dans des conditions extrêmes avant de pouvoir être secourus en 1823 par le "Philo" de Boston. Ce dernier les a embarqués en échange d’une participation à la campagne de pêche et de chasse sur Saint Paul et Amsterdam. Suite à une querelle avec le capitaine, certains naufragés du "Princess" choisirent de débarquer sur Amsterdam et certains y restèrent même jusqu’en 1825, date mentionnée sur la pierre gravée ! Imaginez un peu la vie de ces hommes qui sont restés 4 ans dans ces îles australes à une époque où il n’existait aucune base, aucun ravitaillement, et où l’on ne pouvait compter que sur soi même pour survivre…


Pour clore ce petit voyage dans le temps, mentionnons également la dalle gravée en 1855 par les naufragés du baleiner "Tuscany" de Sag Harbor venant des États-Unis d’Amérique. Le capitaine et un de ses officiers seraient, peu avant le naufrage, partis à terre à la recherche d’un trésor enterré par l’équipage d’un autre navire naufragé, le "Meridian". L’histoire ne dit pas s’ils trouvèrent le fameux trésor, mais un journal Mauricien assure qu’un des officiers possédait une belle somme de demi-couronnes une fois remis du naufrage !

Pour tous ceux qui souhaiteraient en savoir plus sur l’histoire de ces îles, je vous recommande vivement le livre passionnant d’un ancien hivernant de la 48ème mission du district, Yannick Verdenal, « Saint-Paul et Amsterdam, voyage austral dans le temps » aux éditions Gérard Louis.



                                                                                                     Arnaud




mardi 8 septembre 2015

La Centrale

Sur le district d’Amsterdam, outre les activités multiples, les missions scientifiques particulières, les différents corps de métiers représentés, la beauté des paysages, la faune endémique, la rudesse du climat, il est un mot récurrent, connu de tous, mais qui semble emprunt d’une signification qui laisse parfois rêveur…

…LA CENTRALE…Késaco !?…

La Centrale (électrique) est un mot générique qui englobe l’activité combinée de l’électricien centrale et du mécanicien centrale, dont le rôle sur base est de pourvoir à l’autonomie énergétique 7j/7j et 24h/24h. Cette équipe surnommée "les centraliens"  (légitime vu le niveau) est composée de deux marins qui sont affectés sur le district pour 12 mois et se partagent les plans de maintenance et d’entretien des diverses et nombreuses installations dont ils ont la charge. Il s’agit principalement de la production d’électricité (HT/BT), d’eau douce de consommation, la récupération des eaux de pluie, la gestion d’installations frigorifiques pour le stockage des denrées, la sécurité incendie, la prévention des accidents, la plomberie et les dépannages en tous genres…

 

La centrale électrique

 


Pour produire l’électricité la centrale dispose de 3 Groupes Électrogènes (GE) identiques pouvant délivrer une puissance de 160 KW/h chacun. Les moteurs diesels de marque VOLVO TD 1010, 6 cylindres, sont couplés à un alternateur qui permet d’assurer la production d’électricité domestique  pour l’ensemble de la base, sans oublier les installations du local scientifique de pointe Bénédicte où il est nécessaire de fournir de la Haute Tension. Il y a toujours 1 GE en fonction et  1 autre en secours, ce qui permet d’effectuer les opérations d’entretien sur le 3ème.




Lorsque les moteurs arrivent en fin de potentiel (après 20 000 heures de fonctionnement, environ 830 jours), il faut les envoyer en visite en métropole chez le fournisseur, pour une révision complète, nécessitant des moyens plus élaborés. Cette  intervention importante  sur base a eu lieu cette année et tous les services ont pu participer pour aider les centraliens. Chacun à son niveau de compétence est venu apporter son soutien, ce qui a permis de voir évoluer des individus en dehors de leur environnement habituel.








La mosquée (local traitement de l’eau)


Pour produire l’eau douce de consommation (pas de source sur Amsterdam), la structure de l’ensemble des  bâtiments de la base a été conçue pour que chaque toiture puisse capter un maximum d’eau de pluie, lors des périodes d’averses, afin d’être récupérée en aval  par 4 cuves permettant de stocker 140 M3.

Ce stock constitue une réserve d’eau non traitée, donc non potable, et il faut régulièrement faire une remontée d’eau pluviale, via un réseau de pompe, collecteurs et filtres, pour constituer une réserve d’eau traitée et filtrée (jusque 5 microns) en amont. Ce stock d'eau représente la capacité de 4 bâches (4 x 150 M3) située dans la partie supérieure de la base, soit 600 M3 d’eau filtrée et traitée au total.


Le premier traitement est bactéricide, la circulation permanente (24h/24h et 7j/7j) de l’eau des bâches au travers de filtres ultra-violets assure sa désinfection continue.

Ensuite, l’eau traitée en circulation est puisée par un osmoseur eau douce (pression de fonctionnement = 15 bars) pour subir une nouvelle filtration, reminéralisation et traitements complémentaires et la rendre ainsi potable pour la consommation humaine et sanitaire.


Cette eau potable est stockée dans notre château d’eau, grande cuve en plastique d’une capacité de 3700L, et redistribuée vers la base via un groupe hydrophore (pompe), permettant à tous de consommer librement et avec modération, évidemment.

Les chambres frigorifiques



Il est nécessaire de pouvoir constituer une réserve suffisante de nourriture pour que l’ensemble des hivernants (en moyenne 20 personnes) puissent subsister dans de bonnes conditions de vie et se délecter de plats variés, les repas sont des moments privilégiés très importants pour que l’ambiance reste au beau fixe.

C’est pourquoi le district dispose de plusieurs chambres frigorifiques positives et négatives pour assurer cette mission, et il incombe à la centrale d’en assurer l’entretien. Le parc est constitué de 6 chambres négatives (- 20°C) baptisées : ASTERIX/OBELIX/LOIRE/QUERCY/PROVENCE et le fameux, désormais célèbre, SAVOIE ; et 2 chambres positives (+4°C) : MACONNEE/ROUERGUE.



La sécurité




En matière de sécurité incendie, il faut assurer la formation des hivernants sur le matériel sécurité mis à notre disposition sur le district, aux techniques d’interventions  contre les sinistres, aux actions réflexes à mener en cas de problème.






 

Le cabanon




Enfin, les équipiers de la centrale ont aussi la responsabilité de s’occuper du cabanon des marins, lieu privilégié où il fait bon vivre après une semaine de travail bien remplie. Les repas type barbecue, raclette et fondue peuvent y être organisés et assurer ainsi un moment de détente pour tous, un coin à part au sein de la base qui change un peu du quotidien.







             

                                                                                                               Les Centraliens
                                                                                                                Chris et John



jeudi 20 août 2015

L'île au trésor

Partir à l’aventure sur un bateau vers des contrées lointaines, se retrouver sur une île déserte… Qu’est-ce qu’il pourrait bien manquer pour correspondre parfaitement au folklore des histoires de pirates ? Mais le trésor bien entendu !


Depuis quelques années, il est devenu traditionnel que les jeunes scientifiques qui séjournent sur l’île d’Amsterdam organisent une grande chasse au trésor pour l’équipe qui viendra les relever l’année suivante. Tout commence avec une lettre obscure contenant un message caché. Ce message renvoie à un lieu où attend une nouvelle énigme à résoudre…  C’est ainsi que la chasse au trésor avance au fil des mois, d’énigmes en indices, en mettant à l’épreuve notre connaissance de l’île et notre capacité de réflexion.


Au-delà de son aspect ludique, cette chasse au trésor permet de souder le groupe et est surtout un prétexte pour explorer les moindres recoins de l’île et découvrir ses secrets. On pourrait bien entendu philosopher sur la véritable nature du trésor qui est révélé par cette chasse. Combien de curiosités cachées et de petits coins de paradis aurions nous ratés si nos prédécesseurs ne nous y avaient pas attirés? Il faut cependant avouer qu’après plusieurs mois d’hivernage,  une caisse remplie de bonbons, de chocolat et de cacahouètes à plus de valeur que les coffres pleins de pièces d’or des pirates d’antan.


En savourant le trésor, nous  remercions chaleureusement nos prédécesseurs d’avoir organisé ce grand jeu de piste qui nous a occupés pendant plusieurs mois, et nous réfléchissons déjà aux énigmes que nous allons pouvoir laisser aux prochains VSC.



 
Olivier
VSC pirate des Australes

samedi 8 août 2015

Le sauvetage d’une espèce en danger

Depuis peu sur notre district de St Paul et Amsterdam, de drôles de choses se trament. Deux à trois journées dans le mois, un petit groupe de 5 personnes (qui ne sont pas toujours les mêmes d’ailleurs) mené par un petit bonhomme vert s’éclipse au petit matin avec un tracteur équipé d’une remorque pour ne revenir qu’en début d’après-midi. Mais que se passe-t-il donc ?


Et bien après enquête, il est apparu que ce petit groupe, ces agents des espaces verts, ces brigadiers de la mousse, ces protecteurs de la verdure d’Amsterdam, partent sauver en ces jours particuliers une espèce en danger qui n’est autre que le Phylica arborea.


Après avoir frôlé l’extinction pour diverses raisons (prélèvements de bois par les bateaux depuis le 18ème siècle, incendies, impact de la présence  de bovins de 1871 à 2010…), une première tentative de reboisement de l’île a été effectuée à la fin des années 80/début des années 90. Après une nouvelle période de creux, c’est la Réserve Naturelle (RN) des TAAF qui a repris le projet de protection et de réimplantation des Phylicas, seul arbre endémique des TAAF.

Aujourd’hui c’est Arnaud, notre Park Ranger, agent RN, et son équipe de jardiniers de l’extrême qui mènent des campagnes de plantation pour aider ces chers Phylicas à repeupler l’île.


Cette année, la bataille se déroule du côté du cratère Antonelli. Elle a débuté en juin dernier et  durera tout l’hiver jusqu’en septembre/octobre afin de profiter des journées de pluie hivernales. Plus de 500 plants de Phylicas sont prêts à être mis en terre par nos vaillants soldats de la nature. Ils ont commencé leur œuvre en les plantant à l’abri d’une coulée de lave peu profonde, de telle manière qu’ils soient protégés du vent mais pas trop quand même car un peu d'exposition favorise leur résistance face aux intempéries.


Sur place, le combat est difficile. Décharger le tracteur, porter les Phylicas jusqu’au spot de plantation, creuser, sortir le pied de son pot, planter, pailler… Le Park Ranger ne ménage pas sa fine équipe et ponctue même ses allées et venues d’une « inspection surprise ! » pour ne laisser place à aucune erreur de stratégie.



Heureusement, il sait aussi quand récompenser ses guerriers arboricoles. Après s’être bien débattus, un barbecue, précédé d’un petit apéro, est organisé et chacun peut se réchauffer et se remplir l’estomac comme il lui convient.



Après un bon repas, il est temps de retourner au bercail. Oui mais pas pour tout le monde ! Les jeunes Phylicas ne sont pas abandonnés à leur sort après avoir été plantés. Non contents de déjà porter un numéro, ils sont notés et répertoriés par géolocalisation GPS. De cette façon, il sera plus facile de les retrouver et de suivre leur évolution dans le futur. La plupart du temps, c’est Arnaud lui-même qui s’y colle mais de temps en temps, il arrive également de former une recrue pour le job. 


Et voilà, vous savez tout. L'île d'Amsterdam est aussi peuplée de héros qui aident à la restauration des forêts d’antan. Enfin, surtout rappelez-vous du dicton : « Qui plante un arbre n’a pas totalement raté sa vie ! ».  Il y en a plus d’un qui se l’est remémoré avant d’accepter la mission !

                                                                                                                                     Joyce
                                                                                                                           Jardinière australe